20 janvier 2011

À cette douce lumière je n'ai pu résister...

Il faisait grand soleil dehors.
Grand froid aussi.
Le vent soufflait la neige des toits et la faisait milliers de diamants dans le ciel de Montréal.
Sous nos pas la neige chantait sa joie de partager cette journée si belle.
Nous parlions, comme toujours nous le faisons.
Nous étions parfois silencieux aussi.
Avec les mois, les jours qui passent, nous avons appris à nous taire, complices, à nous taire heureux. Dégustant simplement le bonheur d'être juste là. Ensemble.
Dans cet après midi volé aux instants familiaux, nous nous retrouvions dans notre entitée d'amoureux.
Dans ce qui nous unit.
Dans cette joie de retrouver cette lumière folle, l'anticipation des photos que nous ferons, de ces textes que nous en écririons peut-être ici. Nous aimons discuter de nos projets et cet espace en fait partie. Main dans la main, souriants, paisibles et avec le sentiment d'avoir tout notre temps, nous sommes entrés dans cette église.
Ce n'est pas le premier lieu de culte que nous visitons, ni que nous visiterons.
Mais celle-ci je lui ai trouvé un air étrange.
Un air de piété rarement éprouvé ailleurs.
J'ai ouvert les grandes portes avec fracas, tellement habituée de n'y trouver personne ou encore pire, portes closes, verrouillées...
J'allais même rire une blague que tu venais de me dire à l'oreille, ou est-ce de ta main qui fouinait sous mon manteau... près de cette courbe dans mon dos?
Rapidement je me suis tue.
Car dans cette église il y avait des gens. Oh! Pas beaucoup et pas des comme nous!
Non.
Des gens qui par leurs chants priaient au sous-sol.
Des gens qui agenouillés, priaient dans l'église.
Une mère avec sa petite fille, un homme seul.
Un couple de vieux, bien assis, serrés dans un banc à l'avant.
Et cette odeur d'encens.
Cette odeur qui à tous les coups, m'apaise.
...
De voir des gens prier, a couper mon désir de touriste.
Depuis un an, c'est la toute première fois que je vois des gens prier dans une église.
Habituellement elles sont vides les églises.
Ou quand elles sont remplies...
Elles le sont de personnes comme moi, qui appareil à la main, recherche la beauté dans un patrimoine hors d'époque.
Du coup, j'ai trouvé que mon appareil faisait beaucoup trop de bruit, que mes bottes étaient bien trop lourdes.
Je me suis assise.
Me suis laissée bercer, comme cet autre homme là bas à gauche... qui dormait...
Et me suis reposée l'âme.
...
Je n'ai pris qu'une seule photo.
La lumière toute douce a attiré mon regard.
Et je n'ai pu résister.

03 janvier 2011

Bonne Année !

Au début il y a la course folle!
Est-ce que je vais y arriver?
Entre le travail, les virus *virulents* et un dos qui décide de n'en faire qu'à sa tête et de m'immobiliser.
Ensuite vient l'accomplissement.
L'abondance!
Une réelle abondance.
D'amour, d'amitiés, de présents et de nourritures diverses.
Ensuite...
Viennent les sorties en tribu...
La neige, l'hiver si beau.
Après ?
La pluie...
La douceur d'un printemps qui s'est trompé de saison.
Et la nouvelle année.
L'heure est au bilan, bien arrosé.
L'heure est aux souhaits bien précis.
C'est le temps aussi de mettre par écrit, les ratés, les peines et les misères... Afin d'en faire de la braise, après s'être chauffé au feu de ce qui nous a tourmenté.
...
Décembre a été un mois où la saison des grippes, rhumes et autres a ralenti mes envies d'écritures et de prise de photos.
Décembre est le mois des festivités en tout genre, mais surtout des anniversaires. En passant de grand-mère à L. en arrêtant un brin sur la mienne et celles de ceux qui me sont chers...
Avec une entorse lombaire *ma chère*... Trois semaines de chaleurs, de relaxants musculaires (oui ! Le cerveau est un muscle !!!) et aujourd'hui ça va mieux et en étirant doucement je pense pouvoir être en forme pour le retour au travail la semaine prochaine (oui je sais, je suis chanceuse !).
Heureusement, je suis entourée d'amour et de joie et j'ai vu avec un plaisir difficile à décrire, l'an 2011 arriver de façon pétaradante!
La main dans celle de mon amoureux.
L'oreille tout près de la voix de mon fils et les larmes de bonheur qui hydratent (!!) mes joues.
...
Bonne année 2011 à vous !
Que cette année rende grâces à vos souhaits les plus chers et vous donne ou garde la santé dans votre vie !

16 décembre 2010

Sphériques !






















Montréal se fait belle.
Montréal s'illumine !
Montréal profite de l'hiver au lieu de pester contre !
C'est magique !
Lumineux et ça fait du bien à l'âme !

29 novembre 2010

En plein coeur

Il existe dans ce monde des aberrations si grandes qu'il est impossible de les nommer sans avoir une larme, non deux, qui montent jusqu'à nos yeux, parce que notre coeur est trop plein d'émotions.
J'ai été témoin d'une d'entre elles par un soir froid d'automne. Un soir qui avait glacé le sol et mit de la neige sur l'herbe et dans les champs.
Cette aberration, comme c'est souvent le cas, porte un nom, la mort.
La mort d'une femme.
Qui est l'enfant d'une autre femme.
Qui est la soeur d'une autre femme aussi...
Qui est la mère d'une autre femme en devenir.
La mère aussi d'un enfant, presqu'un homme. Qui les larmes aux yeux embrassait sa douce devant sa mère, qui comme ça, semblait dormir.
Figée et trop maquillée pour la circonstance.
Mon regard, mon coeur plutôt c'est porté bien plus sur la petite fille, ce petit bout de chou qui semblait vivre en dehors de son corps, en dehors de tout ce qui se déroulait dans ce salon funéraire.
Des joues roses, presque blanches, des taches de rousseurs et des yeux magnifiques.
Des yeux d'enfants qui recherche l'amour, qui veut et souhaite à tout prix un peu d'attention. Et qui veut rire.
Ce petit bout de fillette, qui sera bientôt grande est venue me toucher en plein coeur.
Quand de son sourire et de ses rires elle est allé chercher sa grand-mère, a sauté en dansant un peu, pour enfin se blottir très fort dans ses bras.
Dans tous les gestes il y avait cette supplication : "garde moi très fort près de toi."
...
Puis.
Dans un geste enfantin et doux et beau, elle s'est assise sur le cercueil de sa mère, comme on le fait sur le bord du lit quand on veut embrasser les dormeurs.
Elle a regardé sa mère, je ne voyais pas ses yeux, je ne voyais que son profil, que sa gorge qui bougeait, nouée peut-être...
Et j'ai vu ses mains de petites filles caresser les mains de sa mère.
Et puis zou. Elle a sauté en bas du cercueil et s'en est allé vers des bras bien vivants, des bras bienveillants....
Cette enfant, orpheline.
À jamais.
Elle l'était (et c'est probablement ce qui me touche tant...) bien avant que sa mère ne meurt. Cette petite fille vit dans un foyer d'accueil depuis un bout déjà.
Sa mère pour elle est partie depuis longtemps.
Mais maintenant elle est partie pour vrai.
Aucune possibilité de retour.
Ce n'est plus un jeu de cache cache avec la vie.
La possibilité du retour vers le sourire natal, vers les bras qui l'ont bercés tout bébé ne sont plus.
...
Existe-t-il une bonne nouvelle lorsque l'on perd sa mère si jeune ?
Peut-être...
À partir de maintenant, qu'elles que soient ses défauts, ses talents ou ses pires manquements, cette femme, sa mère, fera partie de la légende de sa vie.
Dès à présent, ce petit bout de chou, pourra magnifier les souvenirs et se faire une mère plus grande que nature.
...
Je pense à elle constamment depuis ce soir si froid.
J'ai été touchée en plein coeur.
Et quand le coeur est touché....
...
N'est-ce pas ?

24 novembre 2010

Question....

Pendant que les arbres nus découpent le ciel avec beauté et netteté, je suis assise et je constate l’état qui m’habite depuis quelque temps.


Je me sens torturée par mes mille et un visages, par les mille et une choses que je souhaite réaliser.


Il y a le temps gris aussi. Les ombres qui s’allongent très rapidement sur l’asphalte du stationnement de mon travail. Ma fenêtre donne sur ce lac de voiture, mais elle aimerait mieux, tout comme moi j’en suis certaine, faire face à la mer ou à une rivière... Elle se contenterait d’une forêt et moi aussi!


J’ai des envies d’exils...


J’ai la vague impression que mon âme n’arrive pas à se mettre en phase avec la mère et la belle-mère que je suis et la grande amoureuse qui habite tout mon être. Il n’y a que peu d'espace pour l'amoureuse et ses grands sentiments, dans une famille de quatre adolescents. Rien de neuf sous le soleil, ni les nuages n’est ce pas? La réalité d'une femme essoufflée qui a du mal à trouver du temps pour mettre du rouge sur ses lèvres le matin et à faire un peu d’ordre dans sa tignasse avant de partir travailler! Alors imaginez dans quel état je me retrouve le soir venu, quand tout ce beau monde est couché? Eh bien, je suis souvent sous les couvertures en même temps et dans un état plus près du sommeil que de l'enjôleuse.... 


Lorsque mes deux enfants étaient bébés, je me disais tout bas que lorsqu’ils seraient grands j’aurais du temps, enfin! Mais la maternité ne ressemble jamais, enfin pour moi, à une pub de lait, ou de Nutella!


Plus L. grandit, moins j’ai de prise pour la retenir sur terre et la convaincre de rester saine et en santé. La convaincre de s'ancrer dans les études, de se trouver des rêves, des buts. Elle s’envole très haut dans les sphères mentales des rêves irréalisables. Ensuite, elle déchante, se dévalorise et se met dans des états illicites et compliqués. Je la regarde et lui tends la main. Elle n’en veut pas, ou si peu. Elle est grande maintenant, elle sait et elle est capable. Je me rappelle alors la chanson de Jean Gabin et je me dis que les années vont peut-être venir à bout de lui montrer le chemin. Ou un chemin moins difficile. On est loin de ce que j’imaginais vivre avec mon adolescente à l’aube de sa majorité...


Avec Oli, la vie semble plus douce... Si on ne parle pas de scolarité. Il s’ennuie sur les bancs d’école, rêve d’être ailleurs et pense à mille choses. Mais pas à la matière enseignée... Il doit travailler fort pour arriver à atteindre ses buts... Et je dois mettre les bouchées doubles avec lui pour l’aider... Comme quand il était petit. Je trouve difficile de trouver cette patience d’ange que d’autres semblent avoir naturellement. J’ai l’impression que cette qualité n’est pas venue avec ma fabrication...


Il y a la belle rousse aussi. À la croisée d’un chemin sinueux. Celui de l’estime d’elle-même et de la recherche de la personnalité. Un beau chemin, mais il peut y faire si sombre parfois... Je ne retournerais pas à mes 14 ans pour rien au monde. Alors, j’imagine sans peine comment elle se sent tout à l’intérieur... J’essaie de l’éclairer un peu. Je profite du fait que je ne sois pas sa mère... Parce que tout le monde le sait n'est-ce pas? Une mère, ça ne sait pas ces choses-là...


Et il y a la petite Mamie... 10 ans. Remplie d’ingéniosité, d’assurance et de certitudes... comme on peut en avoir à cet âge... Brillante, elle prend la lumière existante et la tourne sur elle ce qui fait briller ses yeux.


Avec tous ces défis et les émotions qu’entraîne la vie avec ces personnes magnifiques... J’ai de la difficulté à trouver ma place comme femme, comme amoureuse. Je me rends compte que bien que l'amour soit présent et palpable... La place qui reste pour le cultiver et le nourir devient aussi petite que les défis avec les ados s'agrandissent. Ayant déjà vécu un échec amoureux, la peur au ventre de ne pas savoir comment faire surgit très fort en moi.


Comment on fait dites-moi? Et vous... Comment faites-vous ?