05 juin 2013

bin oui!

Avec dans les oreilles de vieilles chansons de Rivard, avec dans mon champ de vision à gauche le soleil et à droite l’ennui du bureau, je vaque à mes occupations quotidiennes.
Je bâille, et j’inscris des dates et je fais des étiquettes, je souris aux collègues et je rêve d’évasions!
Il y a longtemps que je n’ai pas mis un mot ici.
Bonne nouvelle! Pas eu de nouvelles de ma mammographie. Alors pas de nouvelle, bonne nouvelle. Il n’y a rien d’alarmant. Je vais essayer de faire mes nuits et d’arrêter de cauchemarder que je quitte mes enfants pour toujours!
Avec ça eh bien y’a l’été qui ne se pointe pas de la façon qu’on l’attendait. Le printemps joue à avoir un trouble de personnalité limite. Il nous pousse à bout à force de crises de vents et de nuages gris. L’été au loin, caché derrière la pluie vérifie qu’on l’attend toujours et que notre amour pour lui est intact malgré ses frasques!
En attendant en bon TPL le printemps s’amuse à nous donner des ciels dramatiques, des soirées fraîches et des fins de semaine brouillonnes! Qu’à cela ne tienne. Mes fleurs poussent et pollinisent en masse! C’est à coup de cortisone dans les sinus et de gouttes dans les yeux que je passe au travers.
Et ça doit être les allergies aussi qui rendent mes yeux rouges à force de voir ce fichu de calendrier aller trop vite, vers le jour du déménagement de mon bel Oli. Juste d’y penser, même à l’air conditionné du bureau, j’ai comme une poussière dans l’œil. « Syndrome du nid vide » que le psy dit. Mes poussins ne seront plus près de mes ailes pour que je puisse les couver. Peut-être pour ça que mes hormones s’amusent à avoir 10 ans de plus et à me donner des douleurs comme des montées de lait. Bien trop jeune pour ne plus les voir tous les jours hein?
S.v.p., dites-moi qu’on s’habitue…


Pour illustrer cet élan d'humeur, voici les couleurs que nous a généreusement offert ce satané printemps automnal, hier soir dans le coin de Montréal et la silhouette illuminé de mon amoureux qui tente de prendre le soleil en photo! ;)

17 mai 2013

file le temps...


Quelques percées de soleil, un vent frais.
Les oiseaux chantent toujours tous les matins, comme si c’était leur dernier matin du monde!
Les chats qui s’étirent et qui se font la toilette tranquillement, l’air de rien, tout en observant les environs.
La corde à linges vides, parce que pas d’énergie pour la remplir le matin avant d’aller travailler.
Le pommier qui s’est vêtu de rose crème.
Les ancolies qui sont à la veille de poindre et de démontrer toute la beauté dont elles sont capables.
Le temps file.
À la fois trop lentement et trop vite!
Trop lentement au travail, trop vite à la maison.
Au travail : Un vent de coupures fait rage dans le secteur public et ça commence à se ressentir sur la fatigue des troupes et sur le moral de tout un chacun.
Je travaille dans un secteur très bien géré, mais nous subissons les foudres du ministère quand même et nous devons apprendre à faire encore plus avec beaucoup moins. C’est dans mon secteur d’emplois que ça se fait sentir le plus, parce que tous les autres secteurs sont protégés par la Loi sur l’instruction publique. Au bout du compte, c’est encore le service aux enfants qui va écoper et c’est ce qui m’attriste le plus. J’aurais été moins fâché, si le gouvernement avait coupé autant au privé qu’il le fait au public. Ce n’est pas la réalité. Alors, voilà. Le temps s’étire sur les faces longues et sur les appels de parents mécontents… Je me sens encore une fois bien impuissante, l’impression de faire face à une vague d’opinions publiques mal renseignées et surtout sur un vent de droite qui mène notre bateau vers de ports où il faudra colmater et non régler les problèmes de structures… M’enfin!
À la maison : Mon fils s’en va bientôt. Le temps passe vite et je voudrais passer tout mon temps libre avec lui, mais il a l’âge qu’il a et lui il avance vers sa vie d’homme. Papiers de CÉGEP en main, ses rêves d’habiter la grande ville et le désir d’émancipation… Les ailes lui poussent au cœur et c’est réellement pour ça qu’on éduque nos enfants, n’est-ce pas? Afin que des ailes fortes et solides les amènent vers leurs projets propres. Mais c’est allé trop vite! Il était mon petit loup, mon petit poulet il n’y a pas si longtemps! Maintenant je lève le regard par en haut pour le saluer le matin! Je le vois manger ses céréales avec une barbe pas faite! Dur!
Question santé…
Pas eu la mammographie encore. J’en suis encore à l’étape de palpation de ma poitrine tous les matins. Je ne les ai jamais autant observés que maintenant. Du plus loin que je me souvienne je me suis battue contre cette poitrine! Trop comme ci, pas assez comme cela… Là ils ressemblent à ce qu’ils doivent. Ils ont la quarantaine comme moi. Ils sont donc plus « soyeux », une douceur du temps qui passe peut-être??
Je suis juste épuisée en ce moment et c’est ce qui m’inquiète le plus. Une fatigue qui ne me quitte que le temps de me lever le matin. Très vite je retombe en état de vouloir dormir ma vie! Sans humeurs dépressives. Juste fatiguée! Cette fatigue me chicote encore plus que mes seins et leur « collier de perles » intérieur… C’est ce qui vient dire à mon cerveau que je dois être malade…
M’enfin.
Voilà… Je partage avec vous ces petits trucs sommes toute, personnels.
Je sais que vous me lisez.
Je sais que parfois parler à du monde qu’on ne connait pas, peut s’avérer puissant…
Je sais aussi que je ne suis pas seule à être fatiguée, à vivre du stress au travail, à m’ennuyer devant mon ordinateur. Je ne suis pas seule à me battre devant ma balance et mon frigo, je ne suis pas seule à vivre avec des enfants. Pas seule du tout. On est un régiment à vivre dans notre silo des choses banales, mais qui sont pour nous un monde. Notre monde!
Je vous lis avec assiduité. Souvent sourires aux lèvres, parfois avec une larme pas loin et souvent avec des fous rires!
Je vous souhaite une belle fin de semaine de trois jours! (pour la plupart d’entre vous!)
Moi je vais dormir et m’étirer comme les chats, chanter comme les oiseaux et lire… Oh oui lire!!!

10 mai 2013

Explosions!


C’est une explosion!
Tout ce vert partout!
Tant attendu!
Tant désiré!
Il s’est réveillé cette nuit, a fait chanter tous les oiseaux du coin et ça y est!
Les arbres en sont remplis, le sol aussi!
Du vert, du vert partout. Avec des touches de roses, de lilas et de jaunes!
Des fleurs, du vent pour balayer les pétales qui volent comme neige en hiver!
Que c’est beau!
C’est une explosion!
Des petites masses dans mon sein droit!
Une plus grosse.
Des heures d’attente à la clinique, pour avoir un papier, qui me permet d’aller investiguer plus loin.
C’est une explosion d’attente, de mauvais rêve et d’analyses logiques des chances que j’ai ou non que ce soit grave ou pas.
Ce sont mes doigts qui tous les matins se dirigent vers cette région, non pour la recherche du plaisir, mais pour constater que ce collier de perles internes est bien là. Encore.
J’essaie d’en rire, d’oublier et surtout de relativiser… D’amener mon cerveau ailleurs. Vers dehors tien! Regarder toute la nature qui ne veut qu’une chose. Vivre! Se reproduire et vivre.
C’est fort la vie. Je me le répète toutes les fois que je revois le mûrier sur le terrain, qui semble si mort chaque printemps. Je me passe la même réflexion chaque année (je pense qu’il est mort!)… Eh bien non. Il est bien vivant. Fécond. Encore cette année, il nourrira les enfants et les oiseaux du quartier. Encore cette année j’essaierai d’être plus alerte, plus rapide pour en manger dans mon yogourt… Et encore je me retrouverai à en acheter au marché!
Ce n’est pas une explosion de choses drôles ou mignonnes que j’ai eu le bonheur d’être témoin cette semaine… Mais le sentiment de faire partie d’une famille plus élargie que ma tribu m’a soulevé de joie.
Je vous partage mes sourires :
  • Lorsque j’attendais, en lisant vaguement ma revue à la clinique, un jeune homme timide qui lorsqu’il a été appelé par le médecin s’est levé rapidement, mais a pris le temps d’aller porter à un enfant qui jouait près de lui, une grenouille en origami qu’il venait de lui faire… J’ai eu un sourire scotché au visage pour le reste de mon attente!
  • Vu un vieux monsieur donner une petite tape sur les fesses de sa femme en marchant main dans la main. Moi ça m’émeut la proximité qui ne s’efface pas avec les années. Leur sourire et l’abandon qu’ils semblaient avoir l’un avec l’autre m’ont donné la foi!

Je vous remercie pour vos commentaires sur l’autre message.
Je prévois répondre à ceux-ci quelque part en fin de semaine.

03 mai 2013

C'est notre nature?


Je travaille depuis une semaine sur un texte qui a du punch sur la culpabilité…
Et rien ne sort comme je le souhaiterais.
Je n’arrive pas à bien cerner mon sujet.
Trop près de moi, j’imagine…
Prise par mon amoureux, qui sait à quel point j'adore ces fleurs!
Et il y a tous les magnolias de ma ville qui ont décidé de se faire jolis et magnificents!
Et les tulipes et les jonquilles.
Et ces petites fleurs bleues éphémères qui courent sur l’herbe de certains voisins…
Alors, mon sujet s’évapore comme flaque d’eau au soleil et je n’arrive plus à bien cerner l’angle de mon sujet.
Si ce n’est que je suis entourée de gens coupables.
Qui se sentent comme ça du moins.
Coupables de leurs enfants qui passent un mauvais moment avec eux-mêmes.
Coupables de certaines maladies mentales ou neurologiques qui les affectent.
Coupables de ne pas se sentir plus fortes.
Coupables de ne pas se sentir plus douées pour trouver les mots ou les actions réconfortantes.
Toujours les mêmes questions.
Pourquoi je n’ai pas vu cette chose arriver? Où ais-je manqué d’amour?
Toujours la pensée que ça vient de nous… Parce que le rôle de parent c’est de protéger nos enfants, les mettre à l’abri. Ne dit-on pas « couver » ses enfants?
Rencontré une ancienne voisine à l’épicerie l’autre jour. On ne s’était pas vraiment parlé du temps qu’on cohabitait le même croissant, le même petit parc au centre, le genre de parc avec fontaine et des arbres où les enfants du coin s’y rejoignaient pour grimper, courir et se raconter des secrets derrière le pin. Mais là à l’épicerie, elle m’a fait un aveu… M’a raconté, à quel point il est difficile d’être mère, à quel point sa jeune trouvait le passage de l’adolescence difficile, les multiples problèmes qui requièrent une psychologue, une médication et beaucoup d’amour… Elle s’est fait dire dernièrement par une amie que c’était probablement parce qu’elle avait quitté son emploi pour être mère à temps plein. Que si elle avait travaillé, la demoiselle aurait été plus forte, plus à même de faire face aux difficultés… (!!!!)
J’ai été chavirée. Totalement!
J’ai essayé de lui montrer le ridicule en lui racontant que lors du passage difficile de ma belle Lo. On m’avait dit le contraire! Que si j’avais été plus présente, que j’avais été moins impliquée, que j’avais moins travaillée et que si j’étais resté avec son père, elle n’aurait pas eu ses problèmes! On ne s’en sort pas n’est-ce pas?
Si on rajoute par-dessus toutes les phrases bien intentionnées des gens qui nous aiment!
« Moi en tout cas, ça ne se passerait pas comme ça… »
« Je ne sais pas comment tu fais pour gérer ça et dormir la nuit! Moi elle saurait depuis très jeune que ce comportement ne se pourrait pas dans ma famille… »
Et j’en passe des meilleures encore!
Je regarde tout autour de moi et je vois ces beaux magnolias en fleurs et je regarde aussi toutes ces femmes et ses hommes qui aiment et cajolent leurs enfants. Je vois tout l’amour et aussi tout le désespoir de certains écueils de l’adolescence et de certaines maladies mentales et franchement, j’ai beau tourner ça dans tous les sens… Je voudrais qu’on arrête de se mutiler l’âme avec cette culpabilité qui nous hante.
Que l’on regarde les bons coups, qu’on en invente encore et encore… Qu’on se responsabilise certes, de ce qu’on peut faire de mieux… Mais qu’on cesse de croire que tous les problèmes de nos amours sont reliés à des mauvaises actions de notre part.
Je veux qu’on se fasse des boules d’amour, qui ressemblent à ces fleurs roses, violettes et jaune soleil qui sont partout sur les parterres! Parce que pour passer au travers nous aussi, les parents, on a besoin de se remonter l’estime, comme le soleil remonte dans le ciel de mai!
Bisous et câlins!
On continue à faire de notre mieux.
On commence notre journée en inventant l’amour encore et toujours.
On se regarde dans le miroir et on s’aime…
Pour montrer l’exemple à nos petits, à qui on demande de s’aimer aussi! (gros contrat! On en convient hein?)

25 avril 2013

Que la chenille se fasse papillon


Combien de temps ça prend pour réellement se connaître?
Combien de temps faut-il pour se rencontrer vraiment?
Combien de chemin de travers doit-on emprunter pour finalement se sentir sur la bonne voie?
Combien de personnes éclairantes doit-on croiser en route, pour bien apercevoir son tracé?
….
Surtout…
Surtout combien d’années peut-on vivre en ignorant les signaux que la vie nous envoie?
Combien de temps faut-il pour apprendre à écouter vraiment?
C’est peut-être la fin de cet hiver qui est frisquet et souvent gris… Ma vie est sous un jardin de brume. Pas une brume déprimante, mais bien une fumée grise et opaque, qui m’empêche d’avancer autrement qu’à petits pas. Je sais que je dois me mobiliser. Je sais que je suis rendue à prendre en main certains projets, pour arriver enfin à la vie que je souhaite. D'un autre côté, j’aurais voulu que ça se fasse naturellement, comme par magie.
Mais la magie n’existe que pour les magiciens… Et pour le peu que j’en sache, les magiciens travaillent très fort pour nous faire croire que leurs tours de passe-passe sont de la magie, alors qu’il n’en est rien.
Je suis un peu fillette, un peu pensée magique. Parfois, je me couche le soir en me disant que demain tout sera clair. Le lendemain est rarement plus clair que la veille. Juste un peu plus reposée la fille, pas plus éclairée!
J’évite, je me cache, je me joue des tours, mais je ne me crois plus!
J’essaie de me faire croire en le disant haut et fort à tout le monde, que je ne suis pas faite pour travailler dans ma passion, que j’aime mieux que ma passion le demeure et ne sois pas un travail. Mais je n’arrive plus à me croire. Je sais que je procrastine, parce que l’inconnu me fait peur. Ne dit-on pas que certains esclaves lors de leur libération sont restés au service (et ce, gratuitement) de leurs maîtres, car la liberté les affolait?
Je me sens comme ça.
Affolée comme un papillon face à la lumière du soir, qui surgit de nulle part. La différence entre moi et le papillon? Je retourne me cacher dans mon quotidien… Je ne me lance pas vers la lumière!
Je dis souvent à mes enfants et aux enfants de mon amoureux qu’il faut qu’ils ouvrent leurs ailes, que sans le déploiement de celles-ci, rien de bon ne peut arriver. Juste de l’ordinaire… 
De belles paroles!
Et moi mes ailes hein?
Bien repliée en bonne rêveuse que je suis.
Comment peuvent-ils me croire, moi qui ne déploie pas les miennes??
Il est temps que la grosse chenille dans son confort inconfortable, sorte de son cocon et sorte ses ailes multicolores (bien sûr qu’elles sont multicolores… Je ne suis pas une fille ton sur ton… même quand j’essaie, y’a toujours un peu de rouge, un peu de dorée et de bling bling qui sort!!)…

Il est temps que je donne l’exemple.
Parce que le « fait ce que je dis et non ce que je fais… » Est trop inconfortable maintenant et surtout… Ne fonctionne pas tellement!
Il est temps de grandir (encore!) et de trouver cette route, afin de devenir à mon tour cette personne éclairante et inspirante!