10 octobre 2013

Tous sur notre île

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Il en va de ma vie comme dans celles des autres, des fluctuations d'humeur, des soubresauts d’atmosphère et des turbulences environnementales.
Nous pilotons notre vie comme des pros, au meilleur de nos connaissances et il arrive parfois que le meilleur de nous-mêmes, ne soit pas assez.

Il faut alors aller demander de l’aide!

Lever la main, s’ouvrir le cœur à l’opinion extérieure et se frotter à l’image de soi qui peut nous être retourné par l’autre à qui on parle.

On peut aussi décider de rester seul et se sentir isolé. 

Pas parce qu’on croit que personne ne peut nous comprendre, mais bien parce que l’on constate que tout le monde dans notre entourage a déjà la coupe bien pleine et que l’espace requis pour partager ce qu’on ressent n’est pas disponible. 

Ne pas prendre la peine de le demander parce qu’on sait que ceux qui nous entourent sont généreux et qu’ils trouveraient du temps… Et que ce temps serait au péril des heures de sommeil qui sont si nécessaires à la survie dans les périodes de grands vents!
Alors, je reste seule avec mes doutes, mes questionnements, mes impressions, mes angoisses aussi. Je constate que mes amis et ma famille font de même. On reste chacun de notre bord de vie, sur nos îles respectives et on fait face à nos tempêtes.

Et quand je dis tempêtes, je ne parle pas seulement des tempêtes qui dévastent, mais bien aussi des tempêtes de joies ou de folies intéressantes.
On besogne chacun de notre côté à bien vivre ce qui nous arrive.
Dans le lot, il y a les deuils, la santé mentale parfois fragile des gens que l’on aime, le démarrage d’entreprise, la prise en charge de parents vieillissants, le manque d’avoir un amour dans sa vie, les enfants qui grandissent, les nouveaux départs, les rénovations, les déceptions, les études… Et je suis certaine que j’en oublie.

On navigue dans nos mers intérieures en gardant pour nous les fluctuations de températures et de marées parce que hein… On en vit tous et tout le monde est dans la même galère…
Mais si moi je me sens seule sur ma barque, je suis certaine que d’autres aussi. Et je trouve difficile de savoir que mes amis se sentent seuls, comme je trouve difficile de ne pas savoir comment partager ce qui se passe à l’intérieur de moi. 

Est-ce ça vieillir?

Se sentir seul parce que tout le monde est occupé à gérer sa vie? Sortir nos agendas de ministre et se dire… Ouais… On pourrait se voir deux heures dans trois semaines… Et se dire… ouf. C’est mieux que rien!

Avec le mouvement slow food qui prend de l’ampleur, ne devrait-on pas partir les mouvements slow talk, slow friend, slow life?

Prendre le temps de partager, de pleurer ses morts, ses attentes, ses angoisses.
Prendre le temps de rire, rire de nos faiblesses, de nos doutes, de nos événements cocasses, prendre le temps de rire de nous. De prendre du recul.
Il y a des jours où je m’ennuie de l’adolescence où c’était simple de trouver du temps pour parler des heures avec les gens importants, de ce qui se passait dans nos vies

4 commentaires:

L'impulsive montréalaise a dit…

Ce texte-là est superbe. SU-PER-BE.

La Mère Michèle a dit…

Là tu marques un gros score!!!

Le slow talk à l'heure des textos... ouff... ça va pas être facile hein? *soupir*

Julie Deblois a dit…

*soupirs* certain!!!!!
...
Merci Impulsive!
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Ce texte m'est venu naturellement, je me sens comme ça et je réalise parce que je l'ai aussi partagé sur Facebook, que ça rejoint pas mal de monde.
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Ne dit-on pas qu'avant le changement, vient la prise de conscience?

Marie a dit…

Mon Dieu que ton texte me touche ! C'est tellement vrai qu'on est tous seul, chacun sur son petit bateau! Heureusement qu'il y a l'écriture qui quoi qu'on en pense, nous donne l'illusion, l'espace d'un instant, de faire partie d'un grand tout !

Marie