12 mai 2016

Partie se perdre dans l'Ouest



Ma fille est encore partie se perdre dans l’Ouest.

Peut-être s’y trouvera-t-elle cette fois-ci?


C’est le lot des parents qui ont un enfant qui souffre d’une maladie. Quelle qu’elle soit. La mienne souffre d’un trouble de santé mentale assez grave et qui se soigne peu. On m’a dit 2%. 
2% c’est le gras dans le lait de mon café le matin. 2% c’est un taux d’intérêt vraiment abordable, 2 % ce n’est pas beaucoup. 2%... c’est aussi 98% à l’envers… Mais 98% c’est trop immense, trop effrayant, même s’il reste imprimé quelque part en moi, ce chiffre qui avoisine le 100 est trop intense, trop vertigineux pour ma capacité maternelle de s’en faire pour elle.

J’aime mieux regarder ce chiffre unique qui pour moi 2% est un mince filet de lumière entre elle et moi.

Elle sait être si géniale qu’elle a le potentiel d’en être. 2% c’est immense en fait, si on pense au pourcentage infime que l’on a, de croiser des êtres venus d’une autre planète. 2% c’est un pont immense entre sa psyché et la mienne.

En attendant, elle est loin, sans grandes possibilités autres que de cueillir des cerises, de dormir à la belle étoile sous la tente. Elle n’est pas seule et elle a moi, qui pense à elle toujours.

Ma fille est encore partie se perdre dans l’Ouest et je médite, fais du yoga et tricote… ça garde l’esprit occupé ailleurs.

Ah oui. J’ai allumé un lampion aussi. Cette fameuse habitude de prier la mère de Dieu*. Elle a intérêt d’avoir le cœur assez grand et le bras assez long!  Pour une agnostique, ce geste fait dans le plus gros des lampions à l’église de Beloeil en dit long sur mon état d’esprit…



*Elle a éduqué son fils pour qu’il soit fort et renverse la façon de faire les choses. Elle a l’a éduqué révolutionnaire… Je me dis que si elle est là, ma fille c’est de la petite bière pour elle, un pet à prendre soin…

Ajout : J'avais écrit ce texte pour elle en 2012. Je le trouve encore beau, encore d'actualité...

 

20 avril 2016

Consciencieusement...



Entrer à l’intérieur de soi est une aventure passionnante et exigeante.

Je me pratique à la pleine conscience dès que j’y pense et franchement… Je trouve ça d’une exigence sans nom.


Premièrement, je constate que même lorsque je lis, mes pensées tout en lisant les mots du livre, partent vers des sujets hors propos, et je réfléchis à des situations qui n’ont rien à voir avec le sens des phrases lues. Ce qui donne une compréhension du livre ambiguë… Je dois alors m’appliquer avec force et douceur (oui, ça se peut!) à bien lire les mots et à ne penser qu’à eux. 


Même chose lorsque je mange… Parfois après deux bouchées je n’ai plus faim. Si je suis consciente de ce fait, et que je sache que je devrais arrêter de manger. Je n'y arrive pas. Je continue, parce que vraiment la pleine conscience a beau me parler de moi, moi je me conforme à 44 années d’apprentissages devant mon assiette! (La terminer, manger mes légumes au moins, avoir la rage de manger toutes mes pâtes que j’adore… Me dire que j’aurai faim dans moins d’une heure -alors continuer de manger-, etc.)


Le pire c’est quand je suis avec quelqu’un… La pleine conscience est difficile. Parce que je me mets en mode « éponge », et ce, sans le choisir. Je deviens alors une boule d’émotions qui ne m’appartiennent pas tout à fait et j’ai de la difficulté à me concentrer sur les mots de la personne avec qui j’ai choisi de passer du temps. Si en plus y’a du va-et-vient tout près… Ah lala!


Ce qui est bien, c’est que maintenant j’en suis consciente.


Ce qui achoppe c’est que je ne sais pas trop comment faire pour être vraiment présente. Je sais que je dois juste constater et accepter.
L’acceptation est le plus difficile des apprentissages pour moi. 
Accepter que je n’agisse pas en toute perfection, accepter que le chemin puisse être long pour atteindre un but fixé.
 
Accepter, m’ouvrir et respirer

Voici mes mantras du moment...
 

29 mars 2016

Citation du mardi



« La générosité libre de toute attente est comparable à la confiance du semeur : Tout ce qui doit pousser poussera, rien ne sera perdu. (…) »

(Dondrup Chögyal, 1668-1718)

Provient du film "Petite pousse" sur Youtube
Cette citation me fait du bien, à moi qui pousse, tire et veut toujours tout trop vite! Elle m’enjoint à aussi donner sans attente. Juste donner, m’ouvrir à mes capacités et à faire de mon mieux sans espérer de résultats tout de suite, dans la seconde. De penser que mes actions fleuriront un jour en de belles pousses lumineuses et colorées.


Ça m’aide à donner du sens à ma vie.

Et vous?

Quelle phrase ou quelle pensée vous fait avancer ces temps-ci?

23 mars 2016

Merci!



Je sors d’une époque sombre. Ceux qui me lisent le savent. Peut-être même que j’ai fais fuir quelques personnes. Car je ne connais pas tellement de gens qui aiment le malheur. On se gorge au bonheur. Le malheur et les mauvaises nouvelles sont tellement tout autour de nous, qu’on ne vient pas lire un blogue pour en sortir encore plus meurtri… non?
Dans cette période sombre, j’ai dû faire le deuil de personnes qui étaient très importantes pour moi, car elles étaient néfastes. Néfastes au point où je me suis perdue, perdue en leur laissant les clés de ma maison, de mon cœur et de toute ma confiance. Je sais que leurs actes proviennent d’un grand mal qui les ronge, mais expliquer n’est pas excuser. Je n’ai pas envie de pardon, je n’ai plus envie d’offrir mon cœur sur un plateau d’argent à quiconque a envie de le piétiner. 

Bien sûr, il y a eu des piétinements bien plus subtils que d’autres, mais quand on opère un changement d’attitude dans notre vie, on devient drastique, on est vigilant… En tout cas, moi. Je ne sais pas pour vous. 

Je commence par contre à mieux comprendre les leçons des gens à qui j’ai montré la porte. Car je le pense pour vrai, chacun est porteur de leçons et c’est intéressant de voir les écueils sous cet angle plus positifs. Ça n’empêche pas parfois de vouloir se lécher le bobo, mais ça permet d’évoluer et de mieux choisir par la suite. J’ai toujours dit et cru profondément que l’enseignement, l’éducation étaient la base de la société humaine. J’ai toujours prôné l’éducation comme vecteur de mouvements sociaux importants. Ce que je voyais comme une globalité, je le vois maintenant à mon échelle (pas bien haute… j’ai le vertige!)
Si chaque personne qui entre dans notre vie est là pour une raison, j’ai beaucoup appris par la négative dans les dernières années. J’entame mes années positives, je le ressens tout au fond de moi, tout autant que je l’appelle. Je veux apprendre dans la douceur de l’autre, dans l’ouverture de l’autre et dans la joie de l’autre…

Parce que j’ai appris à me faire respecter, à ne plus accepter l’inacceptable, à être ouverte sans nécessairement tout offrir, je pense que je suis sur la bonne voie.
Je profite donc de cette tribune pour vous remercier de ces enseignements. Je délie les chaînes de la colère qui me relient à vous et je tricote dans une laine douce et accueillante de nouvelles amitiés et je repasse avec douceur les anciennes.
Parce que l’amitié tout comme l’amour c’est exponentiel, ça ne rétrécit pas au lavage de la vie, ça s’étire, ça s’expansionne, ça nous grandit aussi! (tout en nous rendant plus beau!)
Alors ici je dis, MERCI!

13 mars 2016

Poule peureuse

Je suis une poule peureuse.
La peur a été le centre de mon univers depuis toute petite.
Peur de tout, angoissée d'un rien.
En vieillissant ça s'est souvent traduit par la peur de mourir ou de voir les gens que j'aime mourir...
Il a bien souvent juste suffit d'un retard un peu long, pour que je devienne la cinéaste d'un film funeste où la personne que j'attends soit morte dans un fossé...
L'enfer...
La peur du ridicule aussi. Même si on dit qu'elle ne tue pas, j'ai longtemps cru qu'elle me tuait un peu chaque fois qu'il m'est arrivé d'être ridicule.
Était-ce parce que mon égo était si grand, qu'il ne fallait en aucun cas l'écorcher?
Ou au contraire si petit, qu'il ne s'en serait pas relevé?
J'ai été ridicule tellement de fois, que je sais maintenant qu'on n'en meurt pas...
...
La peur de tomber a été longtemps le moteur de ma vie.
La peur de ne pas faire la bonne chose, de me tromper.
Tromper sur mes amis, sur mes amours, sur mes études.
Et voilà. Je me suis tellement trompé souvent!
La pire erreur par contre a été de ne pas savoir me respecter.
De ne pas me connaître assez pour le faire.
Ne pas savoir où se situaient mes limites, mes points de ruptures.
Pourtant même quand on tombe, on ne meurt pas.
On a mal... et c'est tout!
J'écris c'est tout, mais je sais que c'est déjà beaucoup.
Cette douleur fait en sorte qu'on finit par se retenir, par devenir méfiant et de marcher à petits pas, par peur de retomber encore.
C'est dans cet état que je me trouve encore en ce moment... Marcher délicatement, plus fermée au monde qu'ouverte.
Je dois constamment me souvenir que tomber n'est pas fatal.
Se tromper non plus.
Essayer de nouveau, ne veut pas nécessairement dire encore se tromper, encore tomber...
ça peut vouloir dire aussi aller plus loin, plus haut et devenir plus fort.
...
Et vous?
Peur de quelque chose??