04 juillet 2012

À l'impossible nul n'est tenu...

Cette histoire inspirée d'une histoire vraie est une fiction triste. J'extrapole les idées et les pensées et donne une fin ouverte au bonheur. Car pour moi, rien ne vaut d'être heureux dans sa vie de "femme" ou "d'homme". Sans rien enlever aux bonheurs d'être parent... Un jour les enfants volent vers leur nid, leur vie et leurs petits oisillons... Il faut alors savoir jouer avec plaisir dans notre jardin d'amour et de bonheur propre et juste à nous...




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Il faisait un peu gris, lourd. Elle avait 12 ans, peut-être 14 aussi. Je ne me souviens plus très bien des détails racontés près d’une bouteille de rosée.

Elle avait les jambes d’une gazelle et le pas décidé. Lui. Solitaire. Jouant au parc pour la voir mieux et plus près l’été. Il a plus de chance là pour l’aborder qu’ailleurs. Ailleurs, ce sont ses frères qui veillent ou ses amis. Car elle en a. Une joyeuse bande à part ça. Pas qu’elle soit plus populaire qu’une autre, mais elle aime l’amusement, elle aime être entourée et ce que permet de faire un groupe! Les niaiseries se font mieux à plusieurs… Moins risqué de se faire prendre que seule…

C’était l’été et la rentrée scolaire encore bien loin. Les gars jouaient quand même au hockey dans la rue, les filles se faisaient dorer la peau au soleil. Le temps de l’innocence qui se perd à petits coups de regards et de phrases lancées, malhabiles.
Ces deux-là sont sous le radar. Non pas de cupidon, mais d’un désir crasse qu’ils ne comprennent pas encore. C’est écrit dans le ciel. Ils se connaîtront un jour bien mieux et pas juste par leur prénom.
Leur histoire commence par cette journée grise et se poursuivra sur des multitudes de lunes, pleines ou noires… Comment pouvaient-ils savoir ce matin-là qu’ils mettaient la lettre majuscule à une histoire fleuve? Comment pouvaient-ils imaginer qu’ils inventeraient mille et un points de suspension, d’interrogation et d’exclamation? Personne ne peut croire que le désir et l’amour soient si puissants et dévastateurs. On a tous en tête les belles images des films d’amour qui finissent bien. La leur… ne se termine jamais. Comme un éternel recommencement, les chapitres d’un livre qui n’arrête pas de s’écrire et qui se lit, une boîte de mouchoirs à la main. Rarement légèrement.
C’est une histoire triste qui a parfois des allures de fêtes foraines, une histoire qui se joue comme une tragédie grecque, mais aussi comme un théâtre d’été. Des portes claquent, des rêves volent en éclats. Des mensonges se trament… Et toujours le désir. Le désir d’aller au bout de cette chose qui dévaste, qui prend toute la place dans le corps et dans l’âme. Cette chose qui au final, froidement regardée, n’est pas si bonne que ça. Banale même. Le cul quand même. Ça beau avoir de grandes ambitions, arrive un temps où ce n’est tout de même que du cul. Le sexe dans cette histoire est souvent meilleur en pensées que dans la réalité. Trop terre à terre la réalité. Cette histoire qu’ils rêvent tous les deux, dans le monde réel se bute à des aléas bien trop petits et grands à la fois. Ça ne se peut juste pas.
Et pourtant.
Il ne manque pas grand-chose à la recette de cet amour qui dure depuis trop longtemps. Comme une fixation d’enfants têtus à qui on a refusé le bonbon et qui en parlent encore adulte, en disant à quel point leur vie aurait été changée par cette sucrerie…
Donc…
Que manque-t-il donc dans ce mélange de deux êtres qui se torturent à trop rêver toujours l’un de l’autre?
Un peu de temps, de disponibilité peut-être. Un soupçon de laisser-aller. Peut-être la recette originale a-t-elle trop le goût de fumée aussi?
Peut-être manque-t-il une bonne tasse d’abandon?
Toujours est-il que, mus par un rythme qui leur est propre, ils se cherchent, se trouvent, se goûtent encore, se sentent et se laissent… Malgré le temps qui passe, les enfants, la vie qui continue, l’autre reste toujours quelque part dans ce cerveau reptilien des amours qui ne meurent jamais.
Peut-être que ça fait mille vies qu’ils sont amants et que leur beauté a fait ombrage à toutes ces déesses et dieux du monde. Ils se sont mis en colère et les ont condamnés!
Se désirer, se chercher, se retrouver, s’aimer… Pour ensuite pleurer la démesure de leurs incompréhensions, leurs incompatibilités.
Voilà leur châtiment!
Si l’un et l’autre sont certains de s’aimer si fort…
Si se laisser encore et encore, ne change rien aux sentiments qui les habitent.
Pourquoi ne pas faire place au possible?
Ailleurs! Sur d'autres peaux, d'autres odeurs?
Avec quelqu’un d’autre?
Peut-être au fond, est-ce là la réelle punition des dieux?
Rendre tous les autres possibles invisibles?
Je ne peux croire que les dieux soient si violents. 
La punition d'avoir été beaux et purs dans l'amour et le désir, ne peut durer si longtemps.
Il faut une tempête pour briser ce barrage qui retient la plénitude depuis si longtemps!
Il faut enfin apprendre à désirer l’autre, savoir qu’il est en nous pour toujours et comprendre en soupirant, que les impossibles prennent trop de place pour se priver de la vie qui coule enfin! 
Apprendre à voir avec des lunettes neuves, qui rendent les autres visibles, enfin.
S'émerveiller de l'immensité de l'offre et de ses beautés!
Croire que le meilleur est à venir.
Sans cette autre moitié qui nous retient bien malgré lui/elle. Sentir sa présence, savoir que ça ne nous quittera jamais. Ressentir profondément qu’il ne souhaite en somme, que notre bonheur.
Alors…
Courir!
Loin!
Allez le prendre, le saisir par la peau du cou et le savourer à tous les instants que notre souffle le permet!
Saisir que le désir imprimé si jeune n’est viable que dans les rêves que le sommeil apporte.


9 commentaires:

Anonyme a dit…

Ta plume rejoint mon âme aujourd'hui...Une histoire inspirée d'une histoire vraie...que de larmes et de doutes. Que de certitudes aussi...Je suis touchée en plein coeur... et je pleure des larmes de sang...x

Michèle a dit…

J'ai beaucoup aimé ton billet, drôlement bien écrit. Merci Laluna.

Les Réflecteurs a dit…

Beau billet :)
Je crois qu'il ne faut pas attendre que les enfants partent vivre leur vie pour cultiver son jardin.
Ils en sont le fruit.
Il faut leur montrer tout de suite combien ses fragrances et ses couleurs sont un refuge précieux qu'on peut partager avec ceux qu'on aime et qui nous le rendent.
C'est le plus beau cadeau.
La perle dans l’huître.
La beauté qui transcende le corps même s'il flétrit.
C'est une arme formidable contre la grisaille et les ennuis. C'est un allié sûr pour être en amour.

Nanou La Terre a dit…

Ce texte, c'est toi qui a composé? Alors, ta plume est magnifique, vraiment...
Cette histoire me fait penser à mon fils et Vé...
Merci de ton passage xxx

Laluna a dit…

oui, ce texte est de moi. Écrit avec tout mon coeur!
Merci à toi de passer par ici!
:)

Anonyme a dit…

Les jours passent et je relis encore et encore cette histoire d'amour impossible...un peu pour m'exorciser, me détacher de ce lien qui me retient à lui, pour éteindre ce feu qui me brûle les entrailles à chaque jour ...Les histoires d'maour finissent mal ou ne finissent jamais...

Laluna a dit…

j'espère qu'un jour ce feu deviendra petite braise qui ne fera que réchauffer ton coeur et ton corps, pour que tu saches toute la vie qui t'habite. Pas plus, ni moins...
Et que cette braise pourra alimenter un feu bien plus chaud encore, parce que bien vivant dans une relation qui se peut vraiment!

Solange a dit…

C'est un très beau texte bien écrit. Moi j'y crois à l'amour durable aujourd'hui ça fait 48 ans que nous sommes mariés et encore amoureux.

Anonyme a dit…

En ce début du temps des Fêtes...mes désirs volent encore vers lui. Nous mélangerons encore nos corps et nos âmes avant la fin de l'année 2012. Heureux d'avoir survécu à la fin du monde annoncée:sachant qu'on aurait eu à se retrouver dans une autre vie et tenter encore de coller nos morceaux...Merci d'écrire aussi bien mon amie, tes billets accompagnent aussi ma vie!