04 novembre 2016

Troublée...

Il fait nuit, la lune est magnifique de son croissant orangé, si basse que l'on pourrait la cueillir et en croquer un bout. Il fait froid aussi. On sent le craquant de l'air sur le nez. 
L'automne est bel et bien arrivé. 
Il fait froid dehors, mais jamais aussi froid qu'en dedans lorsque je suis sur les réseaux sociaux et que j'y vois ce qui s'y passe. Jamais aussi froid dans le dos quand je regarde tout le fiel et la haine qui est déchargé à coup de violence gratuite et je ne trouve pas les mots pour mettre ce que ça provoque chez moi. 
Je lis tout ça et je constate que toutes les opinions se valent, que tout le monde pense avoir raison, que tous les égos sont sortis. Toutes les peurs aussi. La peur de l'autre, de ce qui est différent, la peur de perdre des acquis, d'être obligés de faire encore plus d'effort d'ouverture. La peur de l'autre sexe. On parle de la culture du viol d'un côté et des méchantes féministes de l'autre. C'est comme si la cour d'école de mon enfance était rendue dans ma maison, dans toutes les maisons. Comme si tout à coup, on n'était plus en sécurité mentale et psychologique nulle part.  
Je suis sensible, certains diront fragile, aux mots, à l'intonation, à la virgule qui mis à certain endroit dans une phrase peut faire des ravages. Je suis sans mots devant le lynchage public de cette chanteuse extraordinaire de sensibilité, je reste sans voix devant ces femmes qui dénoncent des agressions sexuelles et qui se font demander pourquoi elles étaient à cet endroit, ce qu'elles avaient bu et comment allait leur santé mentale lors des événements. D'un coup que ce soit leurs perceptions qui soient erronées. 
D'un côté on crie haut et fort qu'il faut donner la présomption d'innocence aux hommes et de l'autre on scrute la moindre parcelle d'ombre qui pourrait se trouver dans le récit de ces femmes! 
J'ai souvent dénoncé dans ma vie le silence qui entoure les situations d'abus. J'en suis pourtant rendue à me demander si le silence ne valait pas mieux que toute la merde (oui je dis aussi de gros mots) que je lis sur les réseaux sociaux. 
Je travaille fort sur le concept de non-violence en ce moment dans ma vie, c'est peut-être pour ça que je suis tellement heurtée par tout ça. C'est d'une violence inouïe et  il m'est difficile d'y échapper, car lorsque j'essaie de "discuter" de façon polie, courtoise, avec des arguments que je juge béton, car j'ai des statistiques, je nomme des faits, on parle alors de mon physique, du lieu (gauchiste –sic!!!!-) où j'ai étudié, etc. Il n'y pas d'arguments qui tiennent dans ce genre de discussion, sauf celui de faire tomber l'autre afin de gagner le combat.  
Je reste mitigée dans les actions à faire. Est-ce que je m'éloigne de ce genre de sujet et ne me tiens qu'avec des gens qui pensent comme moi? Ou je continue dans la voie de l'éducation et continue à me faire rentrer dedans par des inconnus... Les deux voies me font peur... 
Celle où tout le monde pense pareil ne me semble pas viable à long terme, parce que je me rappelle que tout le monde pensait la même chose à propos du Titanic... Il était insubmersible... Alors personne n'a fait attention aux dangers et aux signaux d'alerte... Le reste fait parti de l'histoire. 
Continuer dans la voie de m'obstiner et d'argumenter avec les autres, leur donne du jus, me vide du mien et franchement au final... On reste chacun dans notre camp, avec l'illusion que nous avons raison. C'est un catch 22. 
Il doit vraiment y avoir d'autres chemins... Ils ne sont juste pas éclairés en ce moment. Ma vision doit être troublé par la peine et la colère de l'autre... Mon égo doit être gonflé à bloc à penser comme ça qu'il a raison... 
Et c'est une roue qui tourne.... Comme le serpent qui se mange la queue. 
Et vous...  
Vous le trouvez comment notre monde en ce moment??

4 commentaires:

L'impulsive montréalaise a dit…

Moi ? Je veux partir vivre dans le bois avec mon chat et/ou devenir moine.
Mais surtout, je ne lis jamais les commentaires publiques de ce genre. Jamais rien de bon au final. Et surtout ne pas y participer.

Julie Laluna a dit…

Moi aussi je me cherche un lieu loin de tout pour hiberner... La solution serait peut-être juste de fermer l'ordi...

L'impulsive montréalaise a dit…

Ça ne ferait pas hiberner de mes semblables... Ni de la réalité. La virtualité reste quand même assez facile à gérer...

Marie a dit…

Comme toi, toute cette violence m'atteint énormément ! Toutefois, j'essaies de me concentrer sur le beau et le bon. Parce qu'il y en a. Mais je me demande s'il y en a vraiment plus qu'avant. Ou si ce ne sont pas tout simplement les médias et leurs grosses lunettes qui préfèrent le tragique plutôt que le beau, qui nous amènent à penser qu'il n'y a que ça.

Marie