21 octobre 2016

Parce que...



J’allais écrire sur le mérite.

Puis ensuite sur le consentement.

Puis finalement, je vais écrire sur rien, en cette journée de pluie.


Cette journée qui me ramène à mon clavier.

Je l’ai négligé ce clavier. Je l’ai négligé, comme on néglige un ami que l’on sait qu’il va tout nous pardonner, qu’il va nous aimer malgré nos défections. De fait, il est toujours là, et mes doigts savent se reconnaître dessus. La chimie passe encore entre lui et nous (mes doigts et moi).

Je l’ai négligé par paresse, par fatigue, par ivresse, par négligence et surtout par procrastination. Quand on sait que la procrastination vient souvent du fait que nous voulons être parfaits avant de faire quoi que ce soit. 
J’ai eu l’impression dans les derniers mois que je n’avais plus rien à dire d’intéressant.


Comment les aléas de la vie de belle-mère, de mère, de femme, d’amie pouvaient être aussi intéressants pour l’écrire et surtout le publier dans un blogue comme celui-ci? Qu’est-ce que j’ai moi, d’assez original ou d’assez intelligent à raconter pour en faire part au monde entier? Qui suis-je pour penser que le quotidien d’une quadragénaire ordinaire pourrait intéresser qui que ce soit?
Plus je vieillis, plus je réalise que je ne suis qu’une infime goutte d’eau sur la planète, que dis-je… De l’univers! Bien que la croyance dise que le battement d’aile d’un papillon peut suffire à faire lever les vents, je ne suis pas bien certaine que mes battements de cils ou encore mes sursauts fassent quoi que ce soit!

Je le dis en toute modestie, sans fausse représentation…
Pourtant…

Pourtant j’ai un million d’opinions, un million de mots qui restent à l’intérieur…

Alors, pourquoi reprendre du clavier?

Parce que.

Parce que j’aime ça.

Parce que discuter ici me manque…

Parce que le partage fait aussi partie de ma vie.

Même si ce partage ne se fait qu’à 1-2-10 personnes!

De plus, mes enfants ayant quitté le nid, je me retrouve bien seule de ma bande pour parler.

Eh oui.

Mon nid est vide. Pas vide vide, car les filles de mon chum sont encore là… Mais vide de sens. Vide de mon sang. Vide de mes références, vide de mon univers. Je suis totalement immergé dans l’univers de l’autre moitié de la tribu. Et je me sens bien seule.

Ma belle Lo est à l’autre bout du pays, dans les rocheuses. Mon bel Oli part vivre sa vie d’homme et d’étudiant de l’autre côté du pont. Pas loin, mais juste ce qu’il faut pour je sente le vide.

C’est dans l’ordre des choses tout ça et je ne peux et ne veux rien y faire. Il faut que la vie fasse de l’espace, il faut que les ailes qui ont poussé commencent à battre pour faire voler mes oiseaux… Mais je n’y peux rien… Mes yeux s’embrouillent et mon ventre se serre. Je suis maintenant seule.

Même le lien qui m’unissait au père de mes enfants se rompt avec la vie d’adulte de mes petits. Et moi qui croyais que la nouvelle vie débutait lors de notre séparation il y a 8 ans… Non. C’est maintenant la nouvelle vie. Maintenant les nouvelles perspectives. Maintenant que les portes s’ouvrent ou se ferment. Maintenant que je regarde le chemin devant et où j’ai le sentiment qu’il n’y a que moi pour l’éclairer et le défricher.

Et j’ai le vertige.

Le vrai.

Celui qui tire dans le ventre et dans les jambes.

Celui qui dit au corps et l’âme en entier que tout est possible.

Tout.

Voilà.

Et moi qui allais vous parler de mérite ou encore de consentement…

Et pourtant c’est un peu ça.

Il faut beaucoup consentir pour que la vie fasse son chemin.

Et je ne crois plus au mérite depuis bien longtemps.

À bientôt…

3 commentaires:

L'impulsive montréalaise a dit…

On s'ennuie hein quand on néglige les mots... mais pourquoi néglige-t-on alors ? Je suis dans les mêmes questions. Les grands esprits se rencontrent....

Marie a dit…

Allo! Comme je suis contente de te lire ! Du coup, je me sens moins seule avec mon manque d'inspiration! Comme toi, depuis un bon moment j'ai l'impression de n'avoir plus rien à dire et que tout cela ne rime à rien. Je ne suis pas d'une grande aide j'en ai bien peur ! Mais Dieu que je te comprends !

Et sois certaine d'une chose ! Tu as une magnifique plume !

Marie

Julie Laluna a dit…

Ah les filles!
Vous êtes là?
Comme c'est bon de vous lire!!
À bientôt!
xx