Je travaille depuis une semaine
sur un texte qui a du punch sur la culpabilité…
Et rien ne sort comme je le
souhaiterais.
Je n’arrive pas à bien cerner
mon sujet.
Trop près de moi, j’imagine…
 |
| Prise par mon amoureux, qui sait à quel point j'adore ces fleurs! |
Et il y a tous les magnolias de
ma ville qui ont décidé de se faire jolis et magnificents!
Et les tulipes et les
jonquilles.
Et ces petites fleurs bleues
éphémères qui courent sur l’herbe de certains voisins…
Alors, mon sujet s’évapore comme
flaque d’eau au soleil et je n’arrive plus à bien cerner l’angle de mon sujet.
Si ce n’est que je suis entourée
de gens coupables.
Qui se sentent comme ça du
moins.
Coupables de leurs enfants qui
passent un mauvais moment avec eux-mêmes.
Coupables de certaines maladies
mentales ou neurologiques qui les affectent.
Coupables de ne pas se sentir
plus fortes.
Coupables de ne pas se sentir plus
douées pour trouver les mots ou les actions réconfortantes.
…
Toujours les mêmes questions.
Pourquoi je n’ai pas vu cette
chose arriver? Où ais-je manqué d’amour?
Toujours la pensée que ça vient
de nous… Parce que le rôle de parent c’est de protéger nos enfants, les mettre
à l’abri. Ne dit-on pas « couver » ses enfants?
Rencontré une ancienne voisine à
l’épicerie l’autre jour. On ne s’était pas vraiment parlé du temps qu’on cohabitait
le même croissant, le même petit parc au centre, le genre de parc avec fontaine
et des arbres où les enfants du coin s’y rejoignaient pour grimper, courir et
se raconter des secrets derrière le pin. Mais là à l’épicerie, elle m’a fait un
aveu… M’a raconté, à quel point il est difficile d’être mère, à quel point sa
jeune trouvait le passage de l’adolescence difficile, les multiples problèmes
qui requièrent une psychologue, une médication et beaucoup d’amour… Elle s’est
fait dire dernièrement par une amie que c’était probablement parce qu’elle
avait quitté son emploi pour être mère à temps plein. Que si elle avait
travaillé, la demoiselle aurait été plus forte, plus à même de faire face aux
difficultés… (!!!!)
J’ai été chavirée. Totalement!
J’ai essayé de lui montrer le
ridicule en lui racontant que lors du passage difficile de ma belle Lo. On m’avait
dit le contraire! Que si j’avais été plus présente, que j’avais été moins
impliquée, que j’avais moins travaillée et que si j’étais resté avec son père,
elle n’aurait pas eu ses problèmes! On ne s’en sort pas n’est-ce pas?
Si on rajoute par-dessus toutes
les phrases bien intentionnées des gens qui nous aiment!
« Moi en tout cas, ça ne se
passerait pas comme ça… »
« Je ne sais pas comment tu
fais pour gérer ça et dormir la nuit! Moi elle saurait depuis très jeune que ce
comportement ne se pourrait pas dans ma famille… »
Et j’en passe des meilleures
encore!
…
Je regarde tout autour de moi et
je vois ces beaux magnolias en fleurs et je regarde aussi toutes ces femmes et
ses hommes qui aiment et cajolent leurs enfants. Je vois tout l’amour et aussi
tout le désespoir de certains écueils de l’adolescence et de certaines maladies
mentales et franchement, j’ai beau tourner ça dans tous les sens… Je voudrais
qu’on arrête de se mutiler l’âme avec cette culpabilité qui nous hante.
Que l’on regarde les bons coups,
qu’on en invente encore et encore… Qu’on se responsabilise certes, de ce qu’on
peut faire de mieux… Mais qu’on cesse de croire que tous les problèmes de nos amours
sont reliés à des mauvaises actions de notre part.
Je veux qu’on se fasse des
boules d’amour, qui ressemblent à ces fleurs roses, violettes et jaune soleil
qui sont partout sur les parterres! Parce que pour passer au travers nous
aussi, les parents, on a besoin de se remonter l’estime, comme le soleil
remonte dans le ciel de mai!
…
Bisous et câlins!
On continue à faire de notre
mieux.
On commence notre journée en
inventant l’amour encore et toujours.
On se regarde dans le miroir et
on s’aime…
Pour montrer l’exemple à nos petits,
à qui on demande de s’aimer aussi! (gros contrat! On en convient hein?)