17 février 2013

Vertige

Je suis tout au bord d'un grand changement.
Je vieillis il faut croire car j'ai peur!
Je n'avais pas peur avant.
Je prenais des décisions sans trop réfléchir et je sautais à pieds joints dans le vide!
Et là...
Je regarde tout en bas et je trouve la marche haute!
J'ai 41 ans.
Je n'aime pas mon travail.
Je m'y ennuis.
Je ne vois pas toujours la pertinence de ce qu'on me demande et parfois la bureaucratie me donne envie de donner des coups de pied d'impatience.
Je travaille dans un gros bateau qui ne tourne pas aussi vite que moi.
Le pire?
C'est que je sais que je peux faire mieux.
Mon parcours scolaire est fastidieux.
Je fais partie des gens qui ont de la facilité à débuter des projets, mais qui ont de la difficulté à les terminer. 
La motivation vient du fait du projet en soi, mais rarement de sa finalité! 
Je n'en suis pas fière et ça fait de moi quelqu'un de bien captivant, avec bien des connaissances, mais sans papier, sans diplôme.
Les raisons des abandons sont multiples et au moment où les décisions ont été prises ce n'était pas négociable pour des raisons vitales...
Toujours est-il que voilà. Je suis secrétaire compétente, mais inassouvie de son désir de changer le monde et de faire une différence sur le terrain!
...
"Ce que tu fuis te suis...
J'en suis là.
Une offre de promotion.
Avec un besoin de présenter un diplôme universitaire pour l'avoir.
Une promotion dans mes cordes, dans ce que je suis bonne.
Dans l'intervention directe avec de vraies personnes.
Pas devant un ordinateur.
Monter de vraies activités sur des sujets qui sont dans mes préoccupations quotidiennes depuis toujours. L'estime de soi, l'image corporelle, la lutte contre l'intimidation, le respect de son corps, la prévention de diverses "addictions" par la connaissance meilleure de soi. L'implication sociale pour faire de ce monde quelque chose de plus beau, de plus sain. Planter des graines de bonté et de bonne humeur dans le terreau fertile de l'enfance...
...
Alors.
Je suis devant ma feuille de demande d'admission.
je retourne à l'Université.
Je dois tout reprendre à zéro.
Ça fait plus de 15 ans que je n'ai pas étudié et que je n'ai pas terminé (à une session et demie de la fin de l'obtention de mon diplôme...). Alors pour l'université et le ministère, je ne peux faire créditer ces cours, qui n'existent plus dans le Bac. actuel. C'est comme si j'avais perdu trois ans de ma vie, volé tout ce temps à mes enfants pour rien.
Et j'ai peur devant cette feuille d'admission.
De ne pas avoir grandi.
De ne pas avoir changé.
Et de ne pas trouver en moi, la force de terminer ce beau projet de me réaliser.
...
Je commence donc un Bac par cumul de certificats, en me disant qu'en séparant le défi en trois. Trois certificats attrayants et stimulants. Un à la fois.
C'est le bon temps pour moi.
J'ai un amoureux qui est derrière moi.
Une patronne qui y croit très fort.
Des enfants déjà si grands.
Et il y a moi.
Moi qui décide de croire assez fort en moi, pour ne pas saboter cette chance que je me donne.
...
Et voilà...
je partage avec vous.
Car il est dit que lorsque l'on parle d'un projet à plusieurs personnes, ça le garde vivant en toi, car parfois en te demandant des nouvelles de ton projet, le ravive en toi aussi. Comme une roue perpétuelle.
Ça garde vivant le projet qui peut s’essouffler parfois, avec le temps....



8 commentaires:

L'impulsive montréalaise a dit…

Si j'avais tes moyens. Et que tu avais les miens.

Comme s'il manquait toujours quelque chose quelque part.

Je t'envie. Tu as une belle route devant toi. Il te manque seulement un peu de confiance. J'espère que tu sauras la puiser en toi et dans ceux qui t'entourent aussi. Moi, j'y croirai pour toi.

Julie Deblois a dit…

Tu es jeune toi aussi. Encore bien plus que moi, la porte vers quelque chose qui te plaira va s'ouvrir.
Moi j'avais perdu espoir et me résignais à essayer de faire voir toutes les portes à mes enfants, en me disant qu'eux auront la chance...
Et finalement...
Je me laisse tenter moi aussi!
Ne perds pas courage Impulsive!
xx

Marie a dit…

Mon Dieu que ton billet me rejoint !!! J'ai moi aussi mis plus de dix ans (peux-tu croire?) à terminer mes trois certificats universitaires en grapillant du temps ici et là. Et comme toi, je suis frustrée (et secrétaire !!!) de ne pas avoir maintenant de retour sur investissement. De sentir cette impression que je perds mon temps, mon énergie et ma motivation dans un travail qui m'ennuie... Heureusement, les choses pourraient bien changer sous peu. Mais comme toi, à moi aussi ça fait un peu peur ce changement car il y a longtemps que j'occupe le même travail...

Enfin, pour le cummul de certificats, je ne peux que t'encourager. C'est ce que j'ai fait et je dois avouer que d'obtenir un papier tous les 10 cours, c'était une belle motivation ;-)

Marie

Pierre Forest a dit…

J'avais 42 ans quand je me suis inscrit dans un parcours universitaire visant un BAC par cumul de certificats. Au départ, je visais surtout le diplôme, pensant connaître déjà, du haut de mes 20 ans d'expérience, la plupart des trucs qu'on m'enseignerait.

Finalement, je constate que chacun des cours suivis depuis 2003 m'ont été très profitables, m'ont enrichi et ont modifié mon approche. Avoir des connaissances à jour, dans le domaine qui nous intéresse demeure un gros plus, par rapport à un diplôme obtenu il y a 20 ans.

Et d'ailleurs, une fois qu'on a pris le rythme, on y prend goût, je peux te le confirmer.


Élise a dit…

Vertige est un excellent terme pour décrire tout cela.
Évidemment, je ne te connais pas beaucoup, mais à te lire, je devine que tu réussiras, que tu passeras à travers tout cela... avec brio! Relis tes textes, rappelle-toi ce que tu as traversé, et tu es là, heureuse, épanouie, accomplie et vivante. Pour m'aider à réussir des trucs, notamment ma maîtrise que j'ai étirée, je pensais à la fierté de moi-même que je ressentirais, à mes filles auxquelles je pourrais dire en toute honnêteté, qu'il faut terminer ce qu'on entreprend - peut-être que ce n'est pas toujours nécessaire, cependant. Je nuancerais ce propos.

Comme m'a déjà dit une colorée auteure acadienne: un éléphant, ça se mange une journée à la fois.
Comme m'a déjà une bonne amie: Focus on the task, not on the fear of the task.

Ces deux phrases, je me les répète souvent. Elles m'aident.

Je te souhaite toute la force nécessaire. Tsé, je pense aussi que ça peut super bien se passer et aller comme sur des roulettes. On oublie souvent cette possibilité je trouve.

Grand-Langue a dit…

L'erreur que font les gens c'est de croire à la finalité plutôt qu'au parcours.

L'obtention d'un diplôme n'est qu'une technicalité, ce qui importe c'est la démarche qui doit être pleine de sens, tout comme chaque geste de la vie peut être emprunt de signification, c'est selon chacun.

Le doute est permis mais il ne doit pas être dominant. Foncez et sachez apprécier chaque étape.

Grand-Langue

Michèle a dit…

Je te souhaite de sauter à pieds joints dans ce nouveau projet. La vie est trop courte pour un travail où on ne s'accomplit plus. On y passe tellement de temps.

L'inconnu fait peur, la nouveauté est parfois insécurisante mais le bonheur n'a pas de prix. Bonne chance Julie.

Petite libellule a dit…

C'est un formidable projet... et comme ont dit les autres, l'important c'est d'y aller une petite étape à la fois. Quelle chance tu as de te faire offrir cette opportunité... et c'est la preuve que d'autres ont vu en toi ce potentiel. Ce sont les projets qui gardent en vie, et celui-là en est un beau et un grand. Vas-y, fonce!