01 février 2013

Les saisons passent...

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Février déjà?
Depuis que je suis avec lui, les saisons passent à une vitesse folle et rarement je me sens en attente de la suivante.
Je me rappelle il y a 5 ans, à pareille date, je vivais des questionnements intenses sur ce que je désirais réellement vivre pour le reste de ma vie. 
Je faisais mentalement le bilan et plus je tournais et retournais mes désirs, mes envies avec la réalité, moins j'avais de l'air pour respirer. 
Je n’étais pas heureuse et je constatais à quel point il me fallait faire des changements drastiques pour le devenir. 
Des changements qui feraient mal à mes enfants, qui éclabousseraient un projet de vie, un idéal. Mais je me voyais devenir aigrie, j’étais devenue la caricature des femmes malheureuses qui jettent leur venin sur tout le monde et personne à la fois. Je ne pouvais remettre ce bonheur et le sentiment d’être dans la mauvaise vie dans les mains de quelqu’un d’autre. Je ne pouvais continuer à le blâmer pour le vide que notre relation et notre vie, laissait en moi.
Moi seule avais la clé pour sortir et respirer l’oxygène qui me manquait tant!
Comment annoncer aux enfants que la famille comme ils la connaissaient ne serait plus? Comment faire réaliser à leur père que ça ne pouvait plus durer? 
Comment préserver le respect, l’amitié profonde avec lui en cassant ce pour quoi on a mit tant d’efforts au fil des ans? 
Comment faire comprendre à tout un chacun qui ne cessait de me dire combien ce n’est pas mieux ailleurs, combien l’herbe n’est pas plus verte là où je me dirige, que je ne peux plus nier ce qui crie si fort à l’intérieur de moi. 
J’étouffe, je dois vivre autre chose, je veux connaître la passion, je veux me sentir amoureuse et aimée. 
Je veux devenir autre chose que la moitié d’un projet de vie familial!
Je veux faire autre chose que de partager l’horaire télé.
Je veux sentir que lorsque je serai vieille à côté d'un homme (ou seule), ce sera avec sérénité et avec le sentiment que je suis bien, que ma vie a valu la peine. Rien de moins!
Et quand ce fut fait, quand les valises ont été bouclées, quand la nouvelle vie s'est finalement installée, il a fallu que je comprenne comment me regarder dans le miroir le soir et accepter à quel point c’est difficile après toutes ces années, de vivre seule. Combien il est lourd le silence de la semaine des « enfants chez leur père »…
Vous dire combien j’ai été dévastée par la première conquête du père de mes enfants, qui avait moins de la moitié de mon âge, quand c’était moi qui devais faire des conquêtes, moi qui devais respirer et exhaler la passion! Lui m'avait dit combien il était bien dans notre routine, notre cocon, même sans passion, sans amour même. Qu'il préférait la franche amitié comme la nôtre aux montagnes russes des autres relations. Comme j'ai trouvé injuste de le regarder aller, faire le paon, le jar et devenir l'homme que je recherchais tant, quand nous étions ensemble!
Puis est venue mon tour...
Le temps des sites de rencontres, des flirts dans l'autobus et au travail, comme dans les fêtes données par des amis...
Comme il a été difficile le temps où je me suis cherché à travers des rencontres qui ressemblaient plus à manger chez McDo que de se régaler dans un service 5 étoiles…
Avec à travers tout ça, les enfants qui grandissaient, avec tout ce que ça a comporté comme constats. Les troubles de personnalité de ma belle Lo, l’entrée au secondaire de mon bel Oli, les peurs reliées à toute la vie qui entrait et sortait de partout, trop vite, trop lourdement. 
Quand je me rappelle ces années, je me vois dans un immense tourbillon, dans une grande vague où je peine à garder la tête hors de l’eau. Je me vois comme un canard qui semble tout gérer, mais qui fait bouger ses pattes si vite, si vite en dessous de l’eau.
Mais je vivais passionnément!
Les joies comme les peines!
Je vivais ma vie, sans peurs et sans regrets (m'enfin... presque...)
Heureusement, il y a eu les amis. Sincèrement. Sans eux? Je ne serais pas la même aujourd’hui. Dans les visages qui me viennent en mémoire en écrivant ces phrases, quelques-uns ne sont plus là, mais ça ne change pas le fait que sans ces personnes, certaines soirées auraient été plus tristes, plus pathétiques. 
Même quand je l’ai rencontré lui, malgré le coup foudroyant dans le cœur, malgré tous les sentiments rien n’a été simple. Je sais une chose par contre depuis lors, on ne peut juger une personne tant que l’on n’a pas chaussé ses bottines. Il est trop facile de dire et d’émettre des opinions sur une situation de l’extérieur sans la comprendre réellement.
Maintenant?
Tout est calme.
Nous semblons être parvenus à un état où les évènements ne sont plus des crises à gérer. Nous vivons dans un « pays » en paix. Il y a bien quelques incidents diplomatiques reliés à la gestion domestique. Que voulez-vous, nous sommes un pays reconstitué où la moyenne d’âge est de 22.4 ans. Ce qui veut dire les hormones au plafond et des idées plein la tête qui sortent par la bouche et parfois par la bouche de leur canon! ;)
Et il y a moi, qui regarde enfin passer les saisons en n’ayant aucun autre désir que de celui d’en profiter. Il y a 5 ans, je regardais les saisons et je me demandais si enfin dans la prochaine à venir, je me reconnaitrais!
La vie est belle quoi!

12 commentaires:

Fleur d'âme a dit…

Oh! Oui, la vie est belle a qui sait regarder les couleurs qu'elle dégagent et la vivre pleinement!

:)

Le dirigeable a dit…

Très suave :)
C'est bien, d'enfin voir la vie se dérouler comme des draps froissés sous le soleil et parfois, un chat, ou deux...

Solange a dit…

Tant mieux si la vie est devenue belle, c'est si difficile aujourd'hui d'avoir tous les éléments à la bonne place.

La citadine a dit…

Très beau texte, merci de ton témoignage. Tout plein d'espoir et d'amour! Comme quoi tu as pris la bonne décision, même si ce n'est jamais facile :)

L'impulsive montréalaise a dit…

Tellement un beau texte. Vraiment. Ça touche à l'âme.

Élise a dit…

Julie, quel beau texte! Quelle transformation aussi!
Ça montre que pour atteindre le bonheur, il faut quand même un peu - beaucoup - y mettre du sien.

Petite libellule a dit…

Magnifique texte... J'ai parfois l'impression d'être toi il y a cinq ans. Les questionnements sont là, intermittents mais récurrents. Merci pour le partage.

Julie Deblois a dit…

Pas facile de se choisir envers et surtout contre certaines valeurs tenaces dans notre âme et notre coeur...
Mais je peux dire aujourd'hui que je ne retournerais pas derrière...
Même pour la période "party" qui est venue avec...
;)
Merci de me lire.
à tous les coups... ça me touche!

Grand-Langue a dit…

Vivre en couple comporte le risque de s'oublier en tant qu'individu et en tant que couple. On se réveille deux décénies plus tard et on ne retrouve plus celle ou celui qu'on cionnaissait, les chemins se séparent, puis les gens se séparent. C'est plus facile de recommencer avec quelqu'un d'autre que de tenter de redresser le navire. C'est que la passion n'est plus.

Grand-Langue

Michèle a dit…

Merveilleux, bien écrit, très généreux de ta part d'avoir confié le tout...à nous!!! Très beau!

vegekat a dit…

Touchant. Et tu me donnes l'espoir, que dans quelques années, le petit canard que je suis, regardera cette époque et la trouveras bien lointaine ...

Julie Deblois a dit…

Le temps arrange bien des choses dit-on souvent... Et parfois c'est vrai!
Courage vegekat! ;-)