06 mars 2012

Positive!

Une amie m’a dit il y a quelque temps : « tu vas tellement être grande que tu n’auras plus besoin de souliers à talons hauts! »
Ça nous a fait bien rire. Mais à bien y penser.
Elle a bien raison.
L’impression d’avoir accès à une voie rapide d’occasions de grandir n’est plus qu’une impression justement. Je suis bel et bien dans un bolide qui roule 100 à l’heure avec quelques pointes à 200, depuis 4-5 ans!
Je ne me plains pas.
J’adore les souliers à talons hauts! J’adore grandir aussi. Mais parfois, c’est plus douloureux…
Vous souvenez-vous quand vous étiez petits, dans les moments de croissance, les douleurs aux os? Moi j’avais tellement mal aux jambes parfois! Je devais me frictionner avant de dormir… Inconfortable. Mais je suis toujours vivante et bien campée sur ces mêmes jambes qui ont eu du mal à grandir!
Vivre en tribu, avec des enfants à soi et d’autre à l’autre… Permets de porter des échasses parfois! Le mode de vie familiale est encore en pleine mutation et bien des essais/erreurs ont été faits depuis les années 70. On n’invente pas la roue. Mais pour qui sait bien écouter autour de soi, essaie de ne pas répéter les mêmes erreurs qui semblent avoir tant blessé les amis et les collègues avec qui on échange. En même temps nous partons souvent du principe que si les parents sont heureux… Les enfants le seront aussi. Parfois c’est vrai. Pas toujours! Si nous les adultes tombons en amour, ce n’est pas aussi évident pour nos enfants. Petits ou grands!
Pour nous, ces changements se multiplient par un (un nouveau conjoint pour moi), mais pour eux… ça se multiplie par plus que deux. Chaque parent avec un nouveau conjoint, qui vient avec de nouveau « grands-parents », « cousins », « frères-sœurs »… Etc. Si ce n’était que ça, mais en plus vient les différences de style, de valeurs entre les deux parents qui sont séparés, mais aussi avec le nouveau conjoint, les enfants de celui-ci. Arrimer les goûts dans l’assiette, au cinéma, dans les vacances, pour les loisirs… Ouf!
Miraculeusement, je pense que notre tribu est belle.
Assez solide et avec de l’espace pour grandir pour chacun qui le souhaite.
Je ne trouve pas toujours facile de composer avec une culture différente de la mienne, mais je sais que c’est partagé et il nous arrive d’en rire entre nous! Il se forme une belle solidarité. La mixité des valeurs de chaque unité familiale rend la vie ordinaire en belles découvertes! Les repas du soir sont animés, souvent drôles et je sens que de réels échanges se passent. J’adore les moments où je joue dans les cheveux de la belle rousse, où elle me fait des câlins aussi. Faire de grandes discussions avec la plus petite aussi. Que dire de tous les fous rires que ma belle Lo échange avec Mister? Une joie pour moi! Quand je vois Oli partir dans de grandes discussions avec lui aussi. Je suis heureuse. Je sais à ce moment, au plus profond de moi, que nous sommes à la bonne place. Ce sont dans ces instants que je revendique le droit à vivre tous ces instants comme une vraie famille. Car au plus profond de moi, j’ai la sensation que bien que nous ayons des défis supplémentaires à certaines familles dites traditionnelles, nous avons aussi des richesses différentes et des choses à partager ensemble. Nous sommes riches de cet amalgame de différences qui nous rassemble.
Je suis personnellement plus riche qu’avant, bien plus grande qu’avant. Je ne peux plus uniquement dire que c’est mon rôle de mère qui indique la voie. Car je suis devenue plus que ça. Je ne peux remplacer la mère qu’ils ont, tout comme Mister ne peut remplacer le père de mes enfants. Ce qui n’exclut pas le rôle que nous jouons auprès des enfants de notre conjoint. Trouver ma place et la façon d’y être n’a pas été chose simple pour moi. Probablement que c’est aussi un défi partout dans ma vie ça, trouver ma place. Mais à tous les jours, j’y arrive un peu plus.
Je dois faire confiance à ce que je ressens, faire fi des jugements extérieurs et passer du temps avec les miens et les siens et du temps seule pour y arriver.
L’espace est nécessaire pour apprivoiser la nouveauté. Et vivre avec des êtres vivants, c’est vivre la nouveauté à chaque journée.
Je suis contente de porter les souliers que je porte et je sens que nous commençons tous à trouver chaussure à notre pied, dans notre tribu. Et j’en suis fort aise. Ça me fait du bien à l’âme et au cœur. J’aime cette tribu à la folie et je suis très heureuse d’avoir rencontré cet homme qui me permet de pouvoir y grandir! 

1 commentaire:

Les Réflecteurs a dit…

C'est vrai que la tribu est belle...