16 janvier 2013

de la théorie à la pratique... ou du rêve à la réalité... ou encore de la jeunesse à la vieillesse!


Un jour on étudie par passion ou par obligation. On s’offre le luxe de refaire le monde tout autour d’un café, d’un verre de vin ou encore assis par terre sur l’herbe, par un bel après midi de printemps! Quand on est jeune, on a tout notre temps et des idéaux plein les poches, des idéaux qui illuminent le regard et donnent des ailes.
Et la vie s’en mêle…
Laisser sa trace...
Je regarde (merci Facebook), ce que l’on est devenu. Je trouve pour la plupart, que nous sommes des gens beaux et intéressants, mais avons-nous vraiment travaillé à changer le monde?
Certes le monde a changé, mais nous n’avons pas été des artisans très puissants dans cette mouvance. Si c’était le cas, le monde ne ressemblerait pas à ça!
C’est comme si le monde avait changé sans nous.
Quoique…
Je vois certaines personnes qui sont devenus artistes, humoristes, chanteurs, pianistes. Quelque part, avec l’art on change le monde. Gaudi a vraisemblablement changé la face de Barcelone par sa vision!
Je constate que certains d’entre nous sont des personnes inspirantes, qui ont pris le bonheur à bras le corps.
Qui font ce qu’ils aiment, qui savent accepter tous les risques, toutes les embûches, tous les défis que leur passion a mis sur leur route.
Certaines personnes n’ont pas changé. D’autres sont en mouvance constante.
Et il y a moi.
Moi qui comme bien d’autres, s’est laissé portée par le courant de la vie. Faisant des enfants, sans trop me poser de questions, les éduquant du mieux que je le pouvais, les appuyant dans leurs découvertes, les poussant vers les ballons de soccer tandis qu’ils cueillaient des fleurs sur le terrain, les habillant en maillot de bain pour leur apprendre à nager, en riant avec eux en bricolant avec du jello…
Et ils ont grandis.
Et je vieillis…
Du monde, je n’ai réussis qu’à changer le mien. Et à l’embellir de la présence de mes deux trésors. Je ne laisse de traces derrière moi que ces enfants. C’est déjà beaucoup je sais. Mais tellement loin de mes rêves d’adolescente.
Hier j’étais au café avec mon homme. Une bande de jeunes, même pas 20 ans, refaisant le monde, avec des affirmations grosses comme un bouton sur le nez. Des discours lourds comme des éléphants. Leur assurance et leur arrogance surtout, m’a rappelé qu’on a toujours raison à cet âge. C’est le temps de l’affirmation. Les nuances viendront plus tard. Quand la vie rentrera un peu plus fort par les pores de leur jolie peau.
La différence entre moi à cet âge et eux?
La désillusion je dirais.
Ces jeunes au café, disaient combien il est égoïste de vouloir des enfants. Selon eux les parents faisaient des enfants pour inculquer leurs valeurs et leurs visions du monde, sans appel, sans discussions. Sans nuances. Ils se disaient aussi que le Québec est mort, que la littérature ici ne servait à rien (entendre ici que personne ne peut en vivre décemment).
Moi à cet âge, tout partait du Québec et tout devait tourner autour. Je me sentais partie intégrale de cette société. Je rêvais de faire de cette province un pays prospère, remplit d’enfants et remplie d’entraide. J’étais une utopiste qui rêvait en français et je voulais qu’il en soit ainsi pour des siècles et des siècles…
Quoiqu’en bonne « X » de mon époque, j’avais peu d’illusions sur la suite du monde. Je ne pensais même pas me rendre à 30 ans, alors m’imaginer à 41! Pffff!
Je les écoutais parler de moins en moins discrètement. Riais de plus en plus ouvertement devant leurs jugements et surtout sur leur façon si assurée d’émettre des opinions. Ils m’ont vu. M’ont probablement trouvé bien vieille, me suis effectivement sentie bien vieille.
Le monde est à eux maintenant.
Il est aussi à moi… Je suis la génération avant eux. Ce sont eux qui vont me soigner quand je serai une vieille dame. Mais en attendant, il me reste bien des années, à jouer à « l’égoïste » et à essayer de transmettre mes valeurs. Là où ils se trompent… C’est que je ne le fais pas seulement avec mes enfants, mais dans chacun de mes gestes quotidiens. Parce que bien qu’ils parlaient fort de la mort de la littérature, de leur ferme intention de ne pas procréer, de leur triste bilan du monde… Ils étaient eux aussi, bien au chaud au café. Comme moi il y a une vingtaine d’années.
Parce que la vie on peut bien l’inventer et en parler…
Elle ne devient réelle et on ne la change qu’en se bougeant les fesses dehors. Qu’en usant nos semelles au travail, aux loisirs. On ne se forme les désirs qu’en jouant la séduction…
Parce qu’il faut sortir de la théorie pour se mettre à la pratique…
Et c’est aussi pour ça, que je n’ai pas peur pour les générations futures…
Parce qu’avec certaines pratiques… viennent aussi les enfants!
;)

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Ma belle amie, on ne se voit vraiment pas souvent, mais j'ai juste le goût de te dire une chose... j'adore ta façon d'écrire les choses... si juste

Et, juste comme ça, tu AS fais une différence car mon début d'adolescence n'aurait pas été pareil sans toi et ta douce folie.
Et aussi, je n'aurais pas une nièce avec ton prénom si tu n'avais pas été là! ;)
Isabelle

L'impulsive montréalaise a dit…

Ça doit être ça la vie... Se remettre sans cesse en question en se demandant comment on pourrait bien changer le monde...

Petite libellule a dit…

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...

Les temps changent, mais certaines choses restent quand même pareilles. C'est beau, l'idéalisme de la jeunesse, c'est frais, c'est nouveau! Mais il reste qu'une bonne dose d'expérience de vie est nécessaire pour contrebalancer le tout.

Quand on est jeune, on pense tout savoir, tout connaître. C'est en vieillissant qu'on constate qu'en fait, il y a bien des choses qu'on n'a pas comprises encore... ;)

Grand-Langue a dit…

Je ne serais pas aussi catégorique. Les vieux, bien souvent, n'ont pas su apprendre de leur expérience et il arrive que les jeunes changent une partie du Monde.

Ce qui semble répandu, c'est de blâmer les générations précédentes pour les petits "malheurs" que vivent certains jeunes. Le Monde est à ceux qui veulent le changer, jeunes et vieux.

Grand-Langue

Fleur d'âme a dit…

Ce billet est si agréable à lire... je t'ai vu, dans ce café, j'ai entendu les propos de ces jeunes...

Hé oui, nous vieillissons, nos idéaux se sont modifiés avec l'expérience, ce qui ne nous empêche pas de rêver encore et de vouloir changer le monde... notre monde.

Merci Julie pour ce savoureux billet!

La citadine a dit…

Excellent billet qui m'a fait sourire. Moi aussi j'étais très idéaliste, noir ou blanc, mais surtout bleu :P Je garde encore une trace de ça, et je suis certaine que toi aussi, sauf qu'elle est plus sage, c'est tout. Et en passant, tes écrits sur ce blogue, ça laisse des traces en nous, tes lecteurs. C'est pas rien ça non plus!